L’histoire de la microkinésithérapie

La microkinésithérapie est créée en France par les kinésithérapeutes Daniel Grosjean et Patrice Benini dans les années 80. Ensemble, ces deux professionnels développent la technique de micro-palpations*. Cette technique permet de déceler les traces d’agressions qui ont laissé leurs empreintes dans les tissus mous. En effet, ces palpations doivent empêcher la dégradation des tissus, en stimulant le processus d’autocorrection afin de rétablir leurs fonctions.

C’est après avoir constaté les limites de la kinésithérapie et de l’ostéopathie que les deux hommes décident d’aller plus loin dans le traitement. Notamment, en s’intéressant à la source des troubles (étiopathie). Et donc, pendant 15 ans ils vont étudier, analyser, regrouper, les informations recueillies grâce à l’étude effectuer sur des patients.

Ils cherchent, tout d’abord, à comprendre l’interaction des muscles entre eux, en s’aidant de l’embryologie*. Car en considérant le corps comme un ensemble, ils partent du principe que le corps peut se moduler, se protéger et se régénérer en cas d’agression. Cependant, des agressions non assimilées peuvent, parfois, altérer le tissu corporel. Par conséquent, la stimulation des mécanismes d’auto correction, permettez de rétablir ces fonctions et d’éviter la dégradation des tissus.

Après les cherches au sein de leur cabinet et la cartographie des systèmes musculaires, ils réalisent une expérimentation au CHU de Besançon au sein du service de gastro-entérologie. Ce test, réalisé en double aveugle montre l’efficacité de la microkiné dans 74 % des cas de colopathies fonctionnelles. Nous sommes donc en 1983 et la microkinésithérapie est née. Suite à cela, les deux professionnels se sont concentrés sur la pratique, la publication d’ouvrage et la formation de la profession dans le monde entier.

Qu’est-ce que la microkinésithérapie ?

Technique manuelle qui a pour but de rechercher, à l’aide de bilans et de soins, dans le corps les traces des événements traumatisants somatisés. Ainsi, la stimulation de ces zones permet l’activation des mécanismes naturels d’autocorrection capable de les éliminer. Elle se base sur le principe naturel et élémentaire qui favorise l’évacuation des traumatismes présents ou passés gardés en mémoire et qui entravent un fonctionnement correct.

En effet, notre corps lutte quotidiennement contre des agressions qui viennent de l’intérieur (fatigue, stress, organe défaillant, problèmes existentiels…) ou de l’extérieur (chocs physiques ou émotionnels, microbes, toxines…), dont il se débarrasse, généralement « en silence ». Cependant, parfois des atteintes plus violentes que d’autres laissent une trace (mémoire), cicatrice au niveau des tissus. Et ces mémoires sont la source de douleur, maladie, faiblesse, malaise… et altèrent la vitalité du tissu de l’organisme.

Le rôle de la microkinésithérapie est alors de supprimer naturellement ces mémoires qui affectent la vitalité tissulaire. Une fois libérer l’organisme retrouvera ses capacités et ses fonctions. En aidant le corps à se débarrasser de cette cicatrice, le microkinésithérapeute va non seulement soulager la douleur, mais aussi réduire les risques qu’elle se reforme, se déplace et se dégrade.

Pour cela, il s’aide de la cartographie du corps propre à la microkinésithérapie où ce dernier est divisé en 30 étages corporels (de la tête aux pieds). Chaque étage, équivaut à une zone articulaire, un ensemble de muscles et à un viscère. Le spécialiste va donc travailler un étage spécifique pour régler les problèmes musculaire, viscéral ou articulaire de la zone correspondante.

La microkinésithérapie est réservée aux professionnels qui soignent manuellement comme les médecins, les kinésithérapeutes, les ostéopathes et même les vétérinaires. C’est donc la garantie d’être pris en charge par un professionnel qui connaît parfaitement le corps humain.

Le déroulé d’une séance

Lors de la consultation le plus souvent le patient reste habillé, installé sur une table de massage.

Pendant la séance

La séance débute par un questionnaire à propos de la raison de la consultation, de l’état de santé et des antécédents médicaux du patient.

Puis commence le repérage des « cicatrices pathogènes » et de l’ensemble des symptômes qui en résultent. Pour cela il procédera par micro-palpations à l’aide de ses 2 mains en utilisant des techniques différentes (poussées, rotation, effleurement aspiration…).

Grâce à la stimulation des organes, le thérapeute peut le plus souvent dater de façon approximative certains traumatismes. Ce qui va aider le patient à mieux situer les origines des troubles et ainsi faciliter le traitement et éviter à l’avenir la reproduction d’une nouvelle cicatrice.

Une fois, repérer et identifier les cicatrices sont stimuler par micro-palpations. Le praticien va réinformer l’organisme sur son passé afin de lui permettre de réagir aujourd’hui à cet événement. Les zones de dysfonctionnements sont ainsi contrôlées et nettoyées.

À la fin de la séance, le thérapeute vérifie que les zones nettoyées ne comportent plus de séquelles. Puis, informe le patient sur le déroulé de l’intervention, ainsi que les effets d’après la consultation.

Après le séance de kinésithérapie

Dans les 48 heures suivant la séance, il peut survenir chez le patient de la fatigue, ainsi que des douleurs et la remonter des émotions, en lien avec la cicatrice. Par ailleurs, pour faciliter le mécanisme d’élimination naturelle c’est important de bien s’hydrater et de se reposer dans les 2 jours suivants la consultation.

Le nombre de séances dépend évidemment de la pathologie et de la réaction du corps face au traitement. Le nombre maximum de séances étant 3.

Une femme se faisant masser pendant une séance de microkinésithérapie
séance de microkinésithérapie

En moyenne, une séance dure entre 30 à 45 minutes pour un coût moyen de 60 €. Le mirokinésithérapeute est un professionnel de santé avec un diplôme d’État. Bien que la profession soit reconnue par le ministère de la Santé, ses actes ne sont pas pris en charge par la Sécurité Sociale. Cependant, certaines mutuelles prennent en charge les actes de microkinésithérapie.

Que soigne cette pratique ?

La microkiné s’adresse à tout le monde, de tous les âges et même aux animaux. Elle permet de soulager dans les cas suivants.

  • Troubles d’origine musculaire, articulaire, nerveux ou des tissus muqueux.
  • Fatigue persistante.
  • Inflammations répétées.
  • Maladie de peau (urticaire, eczéma, psoriasis).
  • État dépressif, phobies.
  • Douleurs récidivantes (lumbago, migraine, torticolis, claquage).
  • Spasmophilie…
  • Infections à répétitions.
  • La nervosité, les troubles du sommeil, l’énurésie chez l’enfant.
  • Blocages et choc émotionnels ou psychologiques (deuil, conflits, dévalorisation, déménagement, divorce, harcèlement, relationnels, bégaiement, trouble de la concentration, échec scolaire…).
  • Atténue les effets secondaires de traitements médicaux (chimiothérapie, radiothérapie, trithérapie…)
  • Traumatismes toxiques (pollution, alimentation, métaux lourds…).

Les contre-indications à la microkinésithérapie

Il n’existe pas de contre-indications particulières à la consultation d’un microkinésithérapeute.

La seule limite de la microkinésithérapie est essentiellement celle du praticien, c’est-à-dire son incapacité à trouver la cicatrice. De plus si le dysfonctionnement ne concerne pas un événement de la vie, mais est dû à une carence comme l’infirmité, une maladie moteur, une maladie cérébrale, la trisomie…, la microkinésithérapie est inefficace.

*Micro-palpation : interrogation d’un tissu vivant à deux mains, afin de contrôler l’intégrité de sa vitalité

*Embryologie : science qui s’intéresse au développement de l’embryon. C’est-à-dire de la fécondation à la naissance, en passant les mécanismes et les causes du développement embryonnaire.