L’histoire de la chiropractie

C’est Daniel David Palmer qui inventa la chiropractie, en 1895, dans l’Iowa. Il pratiqua sa méthode la première fois sur un concierge d’immeuble sourd qui a retrouvé l’audition après l’ajustement chiropratique. Présenter sous un angle religieux sa méthode fut officialisée en 1897 et une école fut ouverte, la Palmer School of Chiropratic. Cependant, cela n’empêchera pas son emprisonnement pour pratique illégale de la médecine.

Par la suite, Bartlett Joshua Palmer, fils de Daniel David Palmer, reprit le travail de son père en développant des techniques et en les adaptant aux connaissances scientifiques du moment. Bien que ces choses ne soient pas toujours en accord avec les convictions de son père. Il fonda en 1902, près de Chicago, son école de chiropractie.

La chiropractie est reconnue en 1992, par le comité international olympique comme profession de médecine complémentaire. Elle est par la suite reconnue comme troisième profession de santé, derrière la médecine générale et la chirurgie dentaire, en 2009 aux États-Unis.

La chiropractie en France

En France, depuis la loi du 4 mars 2002, la pratique est rattachée au code Santé publique qui contient notamment le code de déontologie que doivent respecter les professionnels de la santé. En 2011, L’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) publie un article sur l’efficacité de la chiropractie sur certaines pathologies comparées à d’autres méthodes telles que les médicaments, la chirurgie ou encore la kinésithérapie.

Aujourd’hui, la chiropraxie est reconnue et possède un statut légal dans plus de 40 pays.

Qu’est-ce que la chiropractie ?

La chiropratique nous vient du grec Kheir (main) et praxis (action), et signifie la mise en action par les mains. Le mot français, chiropratique, fait son apparition en 1987, car avant cela, uniquement la version anglaise chiropractic était utilisée.

 La chiropraxie peut être qualifiée de science de la santé, qui fournit des traitements naturels à certains maux. Elle s’intéresse à toutes les difficultés liées à notre appareil neuro-musculo-squelettique. Se pratiquant essentiellement avec les mains, elle a pour but d’aider notre corps à retrouver ses capacités innées d’adaptation (récupération, blessures…) et d’auto guérison, par des manipulations centrer sur la colonne vertébrale, le bassin et les articulations.

Le cerveau donne vie à l’influx nerveux qui parcourt chaque nerf, organes, glande et cellule de notre corps, influx nerveux intimement lié au squelette car protéger par ce dernier. Le système nerveux envoie des signaux électriques, passant par les nerfs, le cerveau et les différentes parties du corps, qui gère donc les mouvements musculaires, les sensations et le fonctionnement des organes, et permet au corps de fonctionner correctement. Toutes affections physiques (chutes, manque d’activités, faux mouvements, mauvaises postures…), chimiques (mauvaise alimentation) ou émotionnelles (négativité, stress…), interfèrent sur le système et sur la bonne circulation de l’influx nerveux. Ces interférences ou subluxations en terme chiropracteur, sont des dysfonctionnements neuro-musculo-squelettiques qui peuvent occasionner des maux ou des troubles.

Ces subluxations affectent le corps l’empêchant donc de profiter pleinement de ses capacités, notamment d’auto guérison. Selon la pratique, la disparition des douleurs et symptômes signifie le retour à la normale du corps. Effectivement, les symptômes et les douleurs sont présents que pour indiquer un mal-être ou un dysfonctionnement, lorsque le corps retrouve ses pleines capacités ils n’ont plus de raison d’être.

Pour cela, le chiropracteur réalisera des ajustements (traitements) grâce à différentes techniques, au niveau du rachis, du bassin et des articulations périphériques telles que :

Le HVLA (haute vélocité faible amplitude) ou technique diversifié

C’est une poussée brève et sans douleur appelée « trust », exercé avec les mains sur une seule vertèbre ou une section de vertèbres.  Sa fonction, c’est déplacer l’articulation selon des mouvements passifs et actifs afin d’atteindre l’espace paraphysiologique et de rendre toute sa mobilité à l’articulation.

Technique Toggle ou HIO (Hole in one)

C’est un ajustement rapide et sans douleur qui consiste à faire chuter la section cervicale (« Atlas » et « Axis » les deux premières vertèbres cervicales) sur une table spécifique grâce à un système mécanique appelé « drop ». 

Pierce Stillwagon Technique (PST) ou Technique Thompson

Technique exercée sur une table spécifique, qui repose sur un mécanisme nommé « drop ». Ce sont de petites poussées (trust) exercées sur l’articulation et qui peuvent être réalisées plusieurs fois consécutives si utiles.

Technique Logan (Logan Basic Technique)

La technique consiste à maintenir une pression faible à la base du sacrum, en un point précis, pour utiliser les muscles fessiers et lombaires comme appui et faire balancer l’ensemble de la colonne vertébrale. Elle favorise la diminution des tensions musculaires et l’équilibre de la colonne vertébrale.

Par ailleurs, elle ralentit la respiration, restaure la mobilité vertébrale, active l’homéostasie, diminue les blocages et douleurs articulaires du cou, des épaules, des bras et du dos. Elle fait partie des techniques dites légères et convient particulièrement aux bébés, enfants, femmes enceintes et personnes âgées  qui souffrent d’ostéoporose.

Activator Chiropratic Technique ou Technique activateur

En plus d’être une technique légère, elle est surtout demandée par les patients qui n’aiment pas les craquements. En outre, elle convient parfaitement à ceux qui souffrent d’ostéoporose ou d’arthrose. Elle s’utilise, donc, pour rendre sa mobilité à une articulation ou corriger des dysfonctionnements neuro-musculo-squelettiques.

Ainsi, son nom lui vient du petit pistolet utilisé, l’activator gun. Il s’agit d’un appareil à percussion qui comporte un embout et un ressort ajustable en profondeur, qui permet de fournir une impulsion plus rapide, sur un point de contact précis.

Nimmo Receptor-Tonus ou Technique de point de gâchette (Trigger points)

Les points de gâchettes sont des zones irritables propices à la production de nœuds sensibles, notamment aux endroits où se croisent les muscles. Ces nœuds sont l’accumulation de substances toxiques qui provoquent douleurs et réduisent les mouvements. Alors, une fois la zone douloureuse identifiée par palpations, le praticien effectue des compressions ischémiques afin de relâcher le nœud et d’évacuer les substances toxiques. La technique se veut légère sans poussée et favorise le tonus musculaire.

Technique SOT (Saccro Occipital Technique)

La technique utilise des blocs afin de repositionner le bassin, tout en s’aidant du poids de la personne. On place ces blocs selon les besoins particuliers du patient, tandis que celui-ci est allongé sur le dos ou le ventre.

La technique de Cox

Elle se réalise à l’aide d’une table spécifique. C’est une technique de flexion/distraction. En résumé, elle réduit la pression à l’intérieur du disque intervertébral, diminue l’inflammation, augmente le diamètre du foramen intervertébral et favorise la mobilité entre les vertèbres. De plus, elle convient dans les cas : de hernie discale cervicale ou lombaire, de cervicalgie et de lombalgie. Ainsi, les instruments aident à l’accélération de la guérison des lésions.

Technique Gastron

C’est une technique de mobilisation des tissus mous par le biais d’instruments en acier inoxydable spécifique (6). Le but est de dissoudre les nœuds musculaires, les adhérences (tissus cicatriciels) et les tissus fibreux, présent dans les tissus mous.

Relâchement myofacial

Elle permet de dégager les nœuds musculaires et les muscles rétrécis, grâce à des manipulations d’étirements et des massages profonds. C’est idéal pour les problèmes d’origines musculaires, les tendinites et les bursites.

Le taping neuroproprioceptif (TNP) ou kinesiotape

C’est une bande élastique dont la texture se rapproche de celle de la peau. Son but c’est de favoriser le processus naturel de guérison du corps. Cela en apportant un soutien et une stabilité au muscle et à l’articulation sans en limiter l’amplitude de mouvement. En plus, elle permet la diminution de la douleur, des œdèmes et de la tension exagérée dans un muscle. C’est pourquoi elle est utile pour les épicondylites, les entorses, les tendinopathies, les fasciites plantaires, les périostites. Également, pour les douleurs cervicales, thoraciques, costales et lombaires.

Bien que les traitements se font essentiellement avec les mains, le thérapeute peut dans certains cas s’aider d’instruments. Toutefois, il peut utiliser des outils comme : les tables de manipulations multi articulées, les tables spéciales pour pathologie discale, les tables de flexion-distraction, la table Thompson. Mais ils peuvent aussi s’aider des ultrasons, de la cryothérapie, de l’électrothérapie, de l’appareil de percussion, des ondes de choc …

Comment se déroule une séance de chiropractie ?

La consultation d’un chiropraticien peut se faire sans avis médical et se passe de la façon suivante :

  • Détecter : Lors d’une première visite, vous serez interrogé. L’objectif étant de connaître votre état de santé, vos antécédents médicaux et les habitudes de vie, ainsi que la raison de votre visite.
  • Traiter : Cela consiste en un examen physique, de la colonne vertébrale et des différents points douloureux éventuels. Il peut aussi être effectué, des tests neuro-orthopédiques adaptés aux syndromes. Éventuellement, il peut recommander des analyses complémentaires comme des radiographies, des tests sanguins…
  • Corriger : Le praticien établit un plan d’intervention, même s’il se laisse, le plus souvent guider par les réactions du corps, au fil des soins. Il intervient aussi sur la colonne vertébrale et les articulations (ajustements chiropratiques). Mais, il peut également agir sur les tissus mous (tendons, muscles, ligaments).
  • Prévenir : Afin de renforcer l’efficacité du traitement vous pouvez être conseiller sur les postures à adopter, la nutrition ou encore sur l’hygiène de vie.

Le nombre de séances nécessaire au rétablissement dépend de la réaction du corps aux soins. En fait, c’est de lui que viendra la guérison par le biais de l’homéostasie. Par ailleurs, des éléments peuvent jouer sur la rapidité de guérison comme :

  • L’âge.
  • L’ancienneté des symptômes.
  • La vitalité naturelle.
  • L’hygiène de vie.
  • La présence de désordres fonctionnels et organiques.
  • Et la volonté et la coopération aux soins.

 La séance dure entre 30 et 60 minutes, et s’effectue en sous-vêtements sur une table de massage. Le tarif varie de 45 € à 80 €.

Que soigne la chiropractie ?

Plusieurs études menées dans le monde ont permis de démontrer l’efficacité de la chiropractie par rapport à d’autres traitements. Ainsi la chiropractie permet :

  • Réduire les douleurs lombaires : lombalgies aiguës, chroniques…
  • Soulager les maux de tête (céphalées) : céphalées cervico-géniques (cou), céphalées de tension…
  • Traiter les hernies discales et autres dysfonctionnements lombaires
  • Réduire l’état de nervosité, la procrastination, les troubles de la concentration, de la mémoire, de l’élocution.
  • Améliorer l’humeur, l’envie de se sociabiliser et de la libido.

Mais au-delà des effets connus de la chiropraxie, des études ont également démontré son efficacité :

La chiropractie pendant la grossesse

En harmonisant les tensions liées à la grossesse, afin que la mère n’en souffre plus. C’est également, permettre à l’enfant de se retourner le moment venu en lui octroyant, en autre, plus de place, et en diminuant les tensions exercées sur l’utérus et les lombaires.

Après la grossesse

En aidant à la santé de l’enfant, qui subit des subluxations chiropratiques causées notamment par la position prolongée dans le ventre. D’ailleurs, la naissance elle-même peut causer des symptômes. Ces affections peuvent être de type kiss, ou encore d’hypersensibilité (césarienne ou accouchement trop rapide par voie basse). Ces subluxations peuvent se manifester par :

  • Des problèmes de sommeil.
  • De digestion, des difficultés à l’allaitement.
  • Des sursauts vifs ou des cris inexpliqués.

Néanmoins, ils peuvent également survenir bien plus tard et être à l’origine d’hyperactivité, de dyslexie, de dysgraphie, d’énurésie, de difficultés de concentration ou d’apprentissage, de troubles de la digestion…

La chiropractie pour les sportifs

Les ajustements chiropratiques ont des buts neuro-musculo-squelettiques et permettent une meilleure capacité d’adaptation. Effectivement, la chiropractie réduit les risques de blessure, favorise la récupération après un effort ou une blessure, ainsi que l’augmentation des performances sportives.

Enfin, le chiropracteur ne prescrit pas de médicaments ni de chirurgie. C’est donc, le seul thérapeute non-médecin à pratiquer des manipulations vertébrales sans autorisation médicale. Il peut aussi conseiller sur les habitudes de vie telles que la nutrition, les exercices physiques, les suppléments, alimentaires… Par ailleurs, en tant que professionnel de santé, il peut être consulté en première instance c’est-à-dire sans prescription médicale.

Les contre-indications de la chiropractie

La chiropractie s’adresse à tout le monde, cependant elle est à proscrire aux personnes :

  • Présentant des anomalies osseuses, des fractures, des hématomes
  • Souffrant d’ostéoporose ou de fragilité au niveau des tendons, des ligaments, des os et des veines.
  • Atteinte du cancer, de tumeur, de pathologies neurologiques graves (syndrome de la queue de cheval).
  • Victimes d’AVC.
  • Atteinte d’une infection aiguë.
  • Présentant une hypermobilité congénitale ou une hernie discale franche.

*L’ajustement chiropratique : pression unique, brève et sèche, forcée ou pas, exercée au niveau d’une articulation, dont le but c’est d’augmenter de sa mobilité.